Los Hermanos review – L’EXPRESS
filed in News on Sep.01, 2006
L’EXPRESS
Dominique Denis
Vous connaissez la boutade? On dit de la guitare pedal steel qu’elle est employée pour nous rappeler, langoureux larmoiements à l’appui, que nous sommes en présence d’une chanson country. C’est peut-être vrai à Nashville, mais il s’agit là d’une vision trompeuse: que ce soit dans la musique hawaïenne (dès les années 1920-30), le western swing (à la Bob Wills) ou encore le sacred steel (veine ultra-jouissive du gospel afro-américain), cela fait des lustres que l’instrument a fait preuve de sa polyvalence.
Avec Bob Taillefer comme évangéliste, le pedal steel poursuit son œuvre œcuménique en investissant le créneau du jazz latin, grâce à Bob Taillefer Y Los Hermanos (autoproduction).
Mais le virtuose originaire d’Ottawa, qui a élu domicile à Oshawa (et qu’on a pu entendre aux côtés de Serge Monette et de Philippe Flahaut) n’est pas du genre à métisser pour métisser.
Hormis la juxtaposition d’instruments (steel, percus et section rythmique cubaine, pour l’essentiel), Bob Taillefer Y Los Hermanos s’en tient aux paramètres d’un jazz latin aussi conventionnel que convivial, qui se savoure tel un mojito bien frais au bord de la piscine.
Un léger bémol, pourtant: si l’on exclut quatre interludes de percussions, cette nouvelle galette frôle à peine la barre des 28 minutes.
Avec des musiciens du calibre d’André Roy (à la guitare) et Sean O’Connor (au saxo), l’ami Bob aurait pu en profiter pour poser sa griffe à quelques classiques du répertoire afro-cubain et s’imposer, pourquoi pas, comme le Chico O’Farrill du pedal steel.
Dominique Denis

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